28.12.2007

Malgré la pénombre

Je sais désormais que j’avance dans les ténèbres mais que tu veilles sur moi.

J’ai bien voulu être attentif et considérer les signes.

J’ai voulu enfin me rendre perméable à ton souffle.

J’ai bien voulu écouter ce que tu avais à me dire durant cette nuit où dans mon demi-sommeil interminable tu es venu répondre à mes lancinantes interrogations. Et tu sais aujourd’hui que je ne suis pas parvenu à suivre tes recommandations. Mais tu te doutais bien que j’aurai du mal. Ton chemin est le difficile qui soit. Et tu connais toutes mes faiblesses, tu sais aussi que derrière certaines se cachent l’esprit que tu chéris et qui t’honore. Et tu sais comme nul autre pardonner. Tu sais bien que j’aime, et comment.

Mes incantations pseudo poétiques n’ont servi à rien. Il y eut les circonstances. Il y eut trop de choses concordantes et je me suis fait jouet de la débâcle. La vérité a frappé. Celle à qui nous ne pouvons que difficilement échapper. Puisse-t-elle ne pas trop meurtrir… et épargner.

27.12.2007

A quai

Avide de rêves, il me fallut briser le tien à coup de certitudes. Cela ne peut arriver. Cela n’arrivera pas. Et moi qui n’en pense pas un mot j’assène les vérités qui font mouche. Honnêtement brutal, brutalement honnête, tel je m’affiche. Je ne prends pourtant pas la réalité pour mes désirs. Jeux de mots…

Alors j’ai décortiqué la splendeur, j’ai disséqué la chose pleine de promesses que tu brandissais m’appelant au courage de vivre… comme tu l’entendais. Ce que tu entends, ce que tu désires.

J’aurais pu te donner raison. Parier sur la folie et mettre à mort la quotidienneté pour lui substituer un domaine vacillant et contrasté où tu trônerais comme une reine. Mais je n’ai d’yeux que pour la femme du marin, celle qui attend, et attend et attend encore. Celle qui ne quitte l’horizon des yeux que pour s'en ressouvenir. Je ne me résume pas à tes songes, je ne résume pas à tes nuits, ni à tes aurores.

Et pendant que tu cherches à fasciner, une petite voix me souffle à l’oreille des mots familiers auxquels je ne saurai renoncer.

15.12.2007

Feu

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Intérieurement remué.

 

Fascination pour ce qui ne se présente pas mais se ressent et se comprend simultanément.

 

Arraché à l’instinct.

 

Rebelle au Monde et à l’espèce.

 

Ennemi du genre humain quand il rampe et se réjouit de sa misère et voudrait nous l’imposer.

 

Anomalie, c’est ainsi qu’on nous appelait et nous appelle encore pour nous pétrifier et nous faire nous taire et tenir tranquilles.

23.11.2007

La sérénité des cailloux

Je ne veux pas d’inertie bienheureuse : la paix du caillou ne me tente pas. Je veux mépriser la nécessité et embrasser ce qui n’a pas eu lieu. Pour le provoquer…

Je ne démissionnerai pas. Je ne me résignerai pas. Je veux croire, croire et croire. Même si cela paraît déraisonnable, complètement fou, décalé, obsolète, naïf, risible, pathétique… Surtout si c’est fou ! Surtout si cela paraît obsolète !

J’ai postulé pour le scandale, et pour la liberté. 

Quelque part l’obsolescence n’a jamais cours. Debout les morts !

08.11.2007

...

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Ici, partout, à cette heure, les mots sont en eux-mêmes impuissants ; maladroits, insignifiants (…les cons ! dirais-tu surement), ils ne sont là qu’à titre de témoignage. Pour te signifier que tu n’es pas seule et que mes pensées vont vers toi, petite sœur.

05.11.2007

Errant

C’est une étendue qui n’a rien de plaisant. On s’y trimballe à bout de souffle désespérant de n’en pas voir la fin.

C’est un piège tiède où le vaste n’est plus que vide.

 

Ces quelques mots ne sont là que pour témoigner de leur absence réelle.

 

Il y a une soif qui s’éteint sans s’étancher, ou parce que, plus précisément, elle ne parvient plus le moins du monde à s’étancher. Le verbe me quitte n’aimant pas mon être amoindri, mon être assommé, et laisse place au silence et la rage sourde du prisonnier qui maudit, les dents serrées, les formes multiples du geôlier.

 

Pour mon cœur, pour mon âme… A mort !

29.10.2007

Figé

Chaque mot d’elle déchire le voile symbolique et protecteur placé entre et en nous.

Chant de la sirène elle-même subjuguée.

Et je n’ose même plus regarder au fonds de moi, d’où elle semble appeler.

Et je n’ose plus même éprouver.

Je sens que l’abime est là, pas loin. Je sens que mes pas m’y porteraient bien malgré moi. Et je reste figé.

 

Un homme, un jour, se désintégra qui adorait trop de divinités à la fois.

21.10.2007

Ne pas tenter

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Je t’ai perçu reptile,

Lasso écaillé enserrant mon cœur las.

Près de moi

Esseulé, elle rôde.

Tentation retournée de la fuite

Sans clairvoyance quant aux suites.

Eternité de mon mal ici ressuscité,

L’Ailleurs que dissimule

Tendu vers moi

Le fruit de cette main douce,

Est ton dictat une fois de plus.

13.10.2007

Indolore

Et parce que la vie nous était devenue inodore et impalpable, en un mot inaccessible, nous ressuscitions l’Enfer en maints fragments. Et tu me disais : « entrelacérons-nous fraternellement ».

10.10.2007

...

Prompts à bénir

Aussi prompts à maudire.

Vous me désespérez

N’aimant rien tant que les fantômes.

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