19.12.2007
Pétrification
Si la vie se réduit à une opération arithmétique, peu m’importe de disparaître.
Allez, avance dans le dédale et proscrit la transe.
Joue à la lucidité.
C’est ce truc qui donne des frissons comme au cinéma, je crois.
Grisante lucidité qui donne l’impression de rentrer dans le secret des dieux.
Et sage, planer au dessus de la mêlée.
Rien n’est rien. Tout se calcule et les opérations le trainent jusqu’à l’incontournable conclusion.
Lui et son rêve :
Mais il n’y a rien l’ami en dehors d’ici! Tu n’es qu’une particule au milieu d’autres particules qui s’entrechoquent – et le sens n’est nulle part. Et l’essence n’est qu’un mot. La métaphysique n’est qu’un jeu pour les enfants de l’humanité, ceux qui n’ont pas encore saisi. Et baigner dans le calme – le calme de celui qui sait – nous ne sommes responsables de rien, dit-il. Nous ne décidons rien, répète-t-il. A dieu le mal ! A dieu la faute ! Moi, je sais. Mon intellect englobe le monde et ses secrets, et peut tout. Ma raison c’est Dieu, tu ne le sais pas… - je l’ignore pour ma part tout à fait Je gesticule, je pérore, je calcule et j’accumule sophisme sur sophisme pour me sentir le roi. Point d’ego ! Mon ego souverain me l’a dit. Je suis aux prises du sortilège qui me fait croire que j’échappe à tout sortilège. Dé-niai-sé, je le suis. Et ma sérénité n’a pas d’égale, c’est la seule chose qui m’importe – être une pierre qui sait – et qui fossilise le vivant et stoppe le souffle. Ma sérénité est une escroquerie qui prospère. (Qui refuserait pareille Paix ?) Adieu élan, adieu souffrance, adieu la vie…
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10.12.2007
A son image
La grande obsession de l’homme raisonnable : donner au monde ses propres caractéristiques ; à savoir le rendre absurde, insignifiant et minuscule.
16:29 Publié dans Bribes | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
07.12.2007
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Il y a un plaisir certain à brider sa parole, à stopper l’écoulement anarchique et vaniteux de ses mots pour faire comme il se doit, quand la conscience est là : silence.
22:58 Publié dans Bribes | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
28.11.2007
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A chaque question qui me taraudait, une intuition germait en moi préfigurant la réponse qu’un livre essentiel, miraculeusement, viendrait aussitôt apporter. Comme si quelqu’un surveillait mes lectures et venait placer sous mes yeux l’ouvrage que mon esprit et mon âme attendaient, réclamaient.
23:00 Publié dans Bribes | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
25.11.2007
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La nuit commence à tomber sur la ville. L’homme habillé d’un vieux pardessus sombre, bonnet enfoncé sur la tête s’agite dans l’escalier. Il a allumé un feu sur un des rebords en pierre, et placé sur ce feu une vieille casserole. Une odeur de feu de bois pas désagréable se répand alentour. Et l’homme fait des allées et venues de gauche à droite, de droite à gauche dans l’escalier ; nerveusement il va et vient de gauche à droite, de droite à gauche. Et une lumière vacillante émane du feu. Il fait très froid. Tout est calme. Et quand j’arrive à sa hauteur, au beau milieu de cet escalier qui mène à la promenade - agréable promenade sauf là où tout semble abandonné, où il n’y a plus personne alentour sauf ce type bizarre désespérément seul et bizarrement accoutré qui regarde droit devant lui – il ne semble pas me voir et il parle. Et ces phrases on en comprend pas le sens, elles semblent rythmées par ses déplacements et résonnent à mes oreilles comme des incantations. On croit reconnaitre des mots, mais on ne saurait dire précisément lesquels. Il est pris dans cette danse minimale et aliénée de gauche à droite, de droite à gauche. Et récitant les yeux fixes, il ne s’adresse à personne. Et lorsque j’arrive en haut de cet escalier, que je quitte la scène, j’ai comme l’impression d’émerger et ainsi d’échapper à l’asphyxie. Des gens arrivent dans ma direction qui me croisant me regardent, puis leurs yeux se portent dans l’escalier en direction de l’homme. Et je m’éloigne, je n’ose pas me retourner et je me demande ce qu’ils sont en train de penser, et ce qu’ils voient ; si nous voyons bien la même chose.
18:05 Publié dans Bribes | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
18.11.2007
Exemplaire
Plus s’étendait la fange, plus prospérait le fumier, plus surement nous nous en éloignions, instruits. Et nous étions repoussés à l'infini, vers l'Infini.
13:15 Publié dans Bribes | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
11.11.2007
L'autre semblable
Il était bien évident que tout le mal ne pouvait venir que de l’expression débridée des opinions de tout un chacun. Il fallait proscrire au plus vite ces confrontations qui ne faisaient qu’engendrer disputes et luttes idéologiques.
Aussi le pouvoir en place décréta-t-il en pleine conformité avec les attentes de l’opinion publique (à moins que ce ne soit l’inverse) qu’il était désormais malvenu et dangereux d’exprimer sa désapprobation ou son désaccord même léger vis-à-vis d’un autre groupe idéologique, lequel pouvait de plein droit se sentir offensé et agressé, autant le dire littéralement remis en question dans son identité même, ce qui était bien évidemment scandaleux. En effet, la vérité n’étant pas une, et tout n’étant qu’une question de point de vue, il était grotesque d’exposer et de défendre des idées qui ne pouvaient parler qu’à soi. Chacun devait donc rester avec ses semblables, sa communauté, et s'il se retrouvait contraint à côtoyer l’autre, il se devait de garder toute la neutralité qui s’imposait dans pareille situation. Bref il devait garder ses idées et préférences pour lui.
Ainsi, un jour, des gens au fond assez peu éloignés dans leurs attentes et dans leurs goûts en vinrent-ils à mener les uns contre les autres une guerre sanglante, persuadés à tort que l’autre camp, dont ils avaient fini par ignorer absolument tout, était constitué de barbares qui voulaient les anéantir.
22:45 Publié dans Bribes | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : politique, société
Croire
Tout m’incite à penser que je ne suis pas libre. Plus je pousse loin mon questionnement platement rationnel, plus le libre-arbitre me semble compromis. Seulement, le fait même de penser que je suis totalement déterminé ne donne-t-il pas précisément d’autant plus corps à cette réalité supposée. Si je ne me crois pas libre comment pourrais-je avoir une seule chance de l’être, quand bien même je me tromperais au départ ? Ainsi me dois-je d’agir comme si j’étais maître de mes actes, de faire mine de croire en ma liberté bien que je soupçonne fortement qu’elle n’est qu’une illusion.
Mais alors, c'est donc que croire donne une réalité partielle à ce à quoi je crois, car je me retrouve plus libre en considérant que je le suis qu’en étant persuadé du contraire.
Non ?
21:45 Publié dans Bribes | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
04.11.2007
L'immonde de l'entreprise
Il est des abattoirs où c’est le bétail qui met à mort et non l’inverse.
20:30 Publié dans Bribes | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
29.10.2007
Quand on veut...
Quand on veut, on peut… « Il n’y a rien de plus vrai » me chantait-il hier fièrement en réaction à ce dicton.
Lui, l’apôtre du culte de la Masse et de l’Opprimé. Lui, le partisan d’une vision hyper déterministe de l’homme et de la négation de sa responsabilité. Et il ne voyait là, visiblement, aucune contradiction.
12:35 Publié dans Bribes | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note



