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19.12.2007
Pétrification
Si la vie se réduit à une opération arithmétique, peu m’importe de disparaître.
Allez, avance dans le dédale et proscrit la transe.
Joue à la lucidité.
C’est ce truc qui donne des frissons comme au cinéma, je crois.
Grisante lucidité qui donne l’impression de rentrer dans le secret des dieux.
Et sage, planer au dessus de la mêlée.
Rien n’est rien. Tout se calcule et les opérations le trainent jusqu’à l’incontournable conclusion.
Lui et son rêve :
Mais il n’y a rien l’ami en dehors d’ici! Tu n’es qu’une particule au milieu d’autres particules qui s’entrechoquent – et le sens n’est nulle part. Et l’essence n’est qu’un mot. La métaphysique n’est qu’un jeu pour les enfants de l’humanité, ceux qui n’ont pas encore saisi. Et baigner dans le calme – le calme de celui qui sait – nous ne sommes responsables de rien, dit-il. Nous ne décidons rien, répète-t-il. A dieu le mal ! A dieu la faute ! Moi, je sais. Mon intellect englobe le monde et ses secrets, et peut tout. Ma raison c’est Dieu, tu ne le sais pas… - je l’ignore pour ma part tout à fait Je gesticule, je pérore, je calcule et j’accumule sophisme sur sophisme pour me sentir le roi. Point d’ego ! Mon ego souverain me l’a dit. Je suis aux prises du sortilège qui me fait croire que j’échappe à tout sortilège. Dé-niai-sé, je le suis. Et ma sérénité n’a pas d’égale, c’est la seule chose qui m’importe – être une pierre qui sait – et qui fossilise le vivant et stoppe le souffle. Ma sérénité est une escroquerie qui prospère. (Qui refuserait pareille Paix ?) Adieu élan, adieu souffrance, adieu la vie…
22:00 Publié dans Bribes | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note




Commentaires
Un très beau cadeau - en plus, qui se partage.
En moins beau, il serait brûlé...
C'est exactement ce que je choisis de vivre, qui libère de la prostitution à l'essai...
Les talons s'entrechoquent.
Bise, et Joyeux Noël, Wyden...
Ecrit par : Marie-Gabrielle | 20.12.2007
Tu n'as pas encore cassé le miroir où tu te regardes toi !
Bonjour élan, bonjour souffrance, bonjour la vie!
Ecrit par : Passant | 20.12.2007
Il refuse les questions pour anéantir les réponses.
Il a toujours fait ainsi.
Il n'est pas pret.
Ecrit par : joruri | 20.12.2007
(J'écrivis l'état du second sommeil... Ezrah, Joruri puis passant m'ont fait accorder l'attention qu'ils méritent, aux cliquetis de vos paroles enjointes. C'est un peu comme une algue, partant si proche des coraux, n'est-ce pas ? Je reviendrai, vous le savez, pour dire tout de mal que j'ai pu penser des failles offertes à cette vampirisation sans vous, sans nous, sans eux...).
Bien amicalement,
Marie
Ecrit par : Marie Gabrielle | 20.12.2007
...vous me direz que je suis obsédée ? obsessionnelle ?
Petit devoir de vacances... surtout les trois dernières lignes, exposant tout un paradoxe* (poème ?), mais pas seulement.
Alors, pour ou contre le vampirisme ? (un bon film traite le sujet : Blade).
Bye...
http://www.psychologies.com/article.cfm/article/1941/Ne-vous-laissez-plus-vampiriser.htm?id=1941&page=1
* il m'a semblé que vous exprimiez là ce même paradoxe - sous une forme et son état. D'où chez moi cette intervention mineure, toujours bonne à suivre...
Ecrit par : Marie Gabrielle | 20.12.2007
C'est mot à mot ce que je ressens, Ezrah.
Quand sortirons-nous de ce labyrinthe apolitique, dans quoi s'engluent les révolutions de l'esprit - c'est-à-dire la révolution des âmes.
Je suis un auteur d'aphorismes (comme tous aphrodisiaques - d'ailleurs, va lire mon dernier post, quasi-testamentaire) et partant je participe malgré moi de cette "stratégie du fragment", cette culture de l'atome, cette monadologie perverse sur quoi repose l'incohérence imputrescible du cadavre logique auquel nous sommes tous sommés de collaborer, avec dévouement, douceur, opiniâtreté lubrique, en un mot notre chasteté... Orgie culturelle, castration marchande, autisme des nombrils et des troupeaux, toutes mécaniques heureuses de la peur jumelle de l'insignifiance : celle des plans sociaux, des cellules psychologiques, du tourisme pédophile et de l'infantilisation programmée.
Je viens de recevoir un mail de mon Eichman de banquier : Que faire ?, écrivait Lénine dès 1916 ?
Amitiés fidèles à toi Joruri et toi, notamment.
Ecrit par : Guit'z | 20.12.2007
Ezrah aurait-il un lien de parenté avec le jeune Werther ? Un peu trop "romantique" désespéré pour moi. bises.
Ecrit par : ariaga | 20.12.2007
"Si la vie se réduit à une opération arithmétique, peu m’importe de disparaître."
Tout dépend de ce qu'on appelle la vie...
Je prends un exemple: les trous noirs, ils existent (sous 4 formes dont 2 sûres) restent à calculer leurs courbure... infinie...Ou bien les singularités nues. Elles existent. Mais l'arithmétique n'est certes pas un outil approprié. Même la mécanique quantique patauge...
Non, il n'y a que le vulgaire qui sue comme un phoque pour satisfaire ses passions répugnantes, c'est à dire le marchand, pour croire encore en une vie calculable...
Ecrit par : joruri | 20.12.2007
Marie Gabi/Merci fidèle lectrice. :) Joyeux Noël à toi et aux tiens.
(sinon le sujet, c'est un sujet à la Delarue : Pour ou contre le cannibalisme ? ça peut le faire aussi... autrement je pense saisir l'allusion). Bises.
Passant/Je pense que vous n'avez pas saisi le sens de ce texte assez obscur d'ailleurs pour qui ne me connaitrait pas. Merci toutefois d'avoir lu et réagi. (vos exclamations sont aussi les miennes pour être clair).
jojuri/Il ne le sera pas tant qu'il se pensera sage et éclairé.
Guit'z/Amitiés, cher compagnon de route. Vous exprimez tout cela admirablement (bien mieux que moi sans doute) et vigoureusement.
Ariaga/Je ne suis romantique que dans l'ivresse et l'élan, Ariaga. Je ne divinise pas les élèments et je ne puis plus être "désespéré" au sens fort. Vous avez peut-être lu trop vite... Mon approche est en quelque sorte existentialiste et non romantique.
Non, je ne puis plus être désespéré mais seulement souligner avec rage ou ironie (autant que je peux maîtrisée) le "désespérant" ou encore peindre le visage des "désespérants". Bises.
Ecrit par : Ezrah | 20.12.2007
jojuri/all right mister !
Ecrit par : Ezrah | 20.12.2007
PAR DELA LE RATIO
Les pierres ne savent rien
Qu'admirer les jeux de billes
D'un royal chaos
S'amuser des flux d'imaginaire
Qui brodent la dentelle
Des nuits de l'outrage
Rien ne dit rien
Même si les pierres sont linguistes
Et ne connaissent de la lucidité
Que le réflexe adéquat
Ecrit par : gmc | 21.12.2007
...splash ?
Ecrit par : Juste | 21.12.2007
Bonnes fêtes, avec beaucoup de rêves. Bises.
Ecrit par : ariaga | 26.12.2007
Merci. Bonnes fêtes à toi aussi Ariaga. Beaucoup de rêves... oui, tant que ce sont les miens. ;)
Ecrit par : Ezrah | 27.12.2007
"pétrification" ...
Bouge de là !
et surveille toi de près ;)
Ecrit par : cile | 03.01.2008