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29.10.2007
Figé
Chaque mot d’elle déchire le voile symbolique et protecteur placé entre et en nous.
Chant de la sirène elle-même subjuguée.
Et je n’ose même plus regarder au fonds de moi, d’où elle semble appeler.
Et je n’ose plus même éprouver.
Je sens que l’abime est là, pas loin. Je sens que mes pas m’y porteraient bien malgré moi. Et je reste figé.
Un homme, un jour, se désintégra qui adorait trop de divinités à la fois.
12:40 Publié dans Tréfonds | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
Quand on veut...
Quand on veut, on peut… « Il n’y a rien de plus vrai » me chantait-il hier fièrement en réaction à ce dicton.
Lui, l’apôtre du culte de la Masse et de l’Opprimé. Lui, le partisan d’une vision hyper déterministe de l’homme et de la négation de sa responsabilité. Et il ne voyait là, visiblement, aucune contradiction.
12:35 Publié dans Bribes | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
21.10.2007
Ne pas tenter

Je t’ai perçu reptile,
Lasso écaillé enserrant mon cœur las.
Près de moi
Esseulé, elle rôde.
Tentation retournée de la fuite
Sans clairvoyance quant aux suites.
Eternité de mon mal ici ressuscité,
L’Ailleurs que dissimule
Tendu vers moi
Le fruit de cette main douce,
Est ton dictat une fois de plus.
12:10 Publié dans Tréfonds | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : poèsie, textes
Avant l'Enfer
11:45 Publié dans De la musique (en quelque sorte) | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : music, musique, musiques, mp3, chanson, dominique a, remué
Au Lao Tseu en polystyrène
Ce qui m’est utile n’est pas pour moi l’utile.
11:35 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
18.10.2007
Conte surréaliste
Un poète halluciné amateur de psychotropes avait imaginé dans son œuvre la plus délirante un pays fabuleux et très moderne où on construisait de faux hall d’immeubles pour que s’y entasse une jeunesse perdue et désœuvrée, et où les affaires familiales du Roi pouvait, une journée durant, faire office d’information unique et occuper tout l’espace médiatique.
22:47 Publié dans Bribes | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : société, politique
17.10.2007
Deux naufrages. Un visage
Parfois notre existence se montre bien ironique.
Ce fut entre lui et moi depuis le début l’entente fraternelle. Nos goûts très proches, notre sensibilité voisine, notre passé semblable en quelques points significatifs. Il y eut aussi cette histoire amoureuse qu’il vécut et contre laquelle je le mis en garde. En pure perte. La leçon ne se retient vraiment que par la pratique. Il lui fallut donc sombrer lui-aussi pour apprendre. Et en ses erreurs, en ces illusions, je retrouvais mes propres pages. J’étais moi aussi passé par là. Il s’était donc laissé embarquer dans une impasse existentielle, aliéné par une passion destructrice qui prit des chemins presque identiques à mon aventure passée. Nous avions maintenant en plus cette histoire en commun.
Mais hier, quelle ne fut pas ma stupeur lorsqu’il me présenta celle qui avait été à l’origine de son plus beau naufrage amoureux, cause de ses chansons les plus noires et les plus désabusées. Dans nombre de ses traits je retrouvais l’autre, celle qui m'avait presque anéanti. Elles se ressemblaient pour moi comme deux sœurs. Comme je l’ai dit, parfois notre existence se montre bien ironique.
22:56 Publié dans Bribes | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note
15.10.2007
Monsieur le législateur
Monsieur le législateur,
Monsieur le législateur de la loi de 1916, agrémentée du décret de juillet 1917 sur les stupéfiants, tu es un con.
Ta loi ne sert qu'à embêter la pharmacie mondiale sans profit pour l'étiage toxicomaniaque de la nation parce que
1° Le nombre des toxicomanes qui s'approvisionnent chez le pharmacien est infime;
2° Les vrais toxicomanes ne s'approvisionnent pas chez le pharmacien;
3° Les toxicomanes qui s'approvisionnent chez le pharmacien sont tous des malades;
4° Le nombre des toxicomanes malades est infime par rapport à celui des toxicomanes voluptueux;
5° Les restrictions pharmaceutiques de la drogue ne gêneront jamais les toxicomanes voluptueux et organisés;
6° Il y aura toujours des fraudeurs;
7° Il y aura toujours des toxicomanes par vice de forme, par passion;
8° Les toxicomanes malades ont sur la société un droit imprescriptible, qui est celui qu'on leur foute la paix.
C'est avant tout une question de conscience.
La loi sur les stupéfiants met entre les mains de l'inspecteur-usurpateur de la santé publique le droit de disposer de la douleur des hommes: c'est une prétention singulière de la médecine moderne que de vouloir dicter ses devoirs à la conscience de chacun.
Tous les bêlements de la charte officielle sont sans pouvoir d'action contre ce fait de conscience: à savoir, que, plus encore de la mort, je suis le maître de ma douleur. Tout homme est juge, et juge exclusif, de la quantité de douleur physique, ou encore de la vacuité mentale qu'il peut honnêtement supporter.
Lucidité ou non lucidité, il y a une lucidité que nulle maladie ne m'enlèvera jamais, c'est celle qui me dicte le sentiment de ma vie physique. Et si j'ai perdu ma lucidité, la médecine n'a qu'une chose à faire, c'est de me donner les substances qui me permettent de recouvrer l'usage de cette lucidité.
Messieurs les dictateurs de l'école pharmaceutique de France, vous êtes des cuistres rognés: il y a une chose que vous devriez mieux mesurer; c'est que l'opium est cette imprescriptible et impérieuse substance qui permet de rentrer dans la vie de leur âme à ceux qui ont eu le malheur de l'avoir perdue.
Il y a un mal contre lequel l'opium est souverain et ce mal s'appelle l'Angoisse, dans sa forme mentale, médicale, physiologique, logique ou pharmaceutique, comme vous voudrez.
L'Angoisse qui fait les fous.
L'Angoisse qui fait les suicidés.
L'Angoisse qui fait les damnés.
L'Angoisse que la médecine ne connaît pas.
L'Angoisse que votre docteur n'entend pas.
L'Angoisse qui lèse la vie.
L'Angoisse qui pince la corde ombilicale de la vie.
Par votre loi inique vous mettez entre les mains de gens en qui je n'ai aucune espèce de confiance, cons en médecine, pharmaciens en fumier, juges en malfaçon, docteurs, sages-femmes, inspecteurs-doctoraux, le droit le disposer de mon angoisse, d'une angoisse en moi aussi fine que les aiguilles de toutes les boussoles de l'enfer.
Tremblements du corps ou de l'âme, il n'existe pas de sismographe humain qui permette à qui me regarde d'arriver à une évaluation de ma douleur précise, de celle, foudroyante, de mon esprit!
Toute la science hasardeuse des hommes n'est pas supérieure à la connaissance immédiate que je puis avoir de mon être. Je suis seul juge de ce qui est en moi.
Rentrez dans vos greniers, médicales punaises, et toi aussi, Monsieur le Législateur Moutonnier, ce n'est pas par amour des hommes que tu délires, c'est par tradition d'imbécillité. Ton ignorance de ce que c'est un homme n'a 'égale que ta sottise à la limiter.
Je te souhaite que ta loi retombe sur ton père, ta mère, ta femme, tes enfants, et toute ta postérité. Et maintenant avale ta loi.
Antonin Artaud
21:45 Publié dans Citations et engouements | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : poésie, loi, état, société, littérature
Tritone - Tuxedomoon
21:40 Publié dans De la musique (en quelque sorte) | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : music, musique, musiques, mp3, rock, tuxedomoon
Fragile par temps assombri
Sa fragilité de coquelicot m'effrayait un peu.
L’envie me prenait de lui enseigner l’art de se mettre sous cloche quand se lève le vent glacial ou qu’arrive la pluie tiède, prélude à une moiteur collante et dégueulasse.
15:25 Publié dans Bribes | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note




