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17.10.2007

Deux naufrages. Un visage

Parfois notre existence se montre bien ironique.

Ce fut entre lui et moi depuis le début l’entente fraternelle. Nos goûts très proches, notre sensibilité voisine, notre passé semblable en quelques points significatifs. Il y eut aussi cette histoire amoureuse qu’il vécut et contre laquelle je le mis en garde. En pure perte. La leçon ne se retient vraiment que par la pratique. Il lui fallut donc sombrer lui-aussi pour apprendre. Et en ses erreurs, en ces illusions, je retrouvais mes propres pages. J’étais moi aussi passé par là. Il s’était donc laissé embarquer dans une impasse existentielle, aliéné par une passion destructrice qui prit des chemins presque identiques à mon aventure passée. Nous avions maintenant en plus cette histoire en commun.

Mais hier, quelle ne fut pas ma stupeur lorsqu’il me présenta celle qui avait été à l’origine de son plus beau naufrage amoureux, cause de ses chansons les plus noires et les plus désabusées. Dans nombre de ses traits je retrouvais l’autre, celle qui m'avait presque anéanti. Elles se ressemblaient pour moi comme deux sœurs. Comme je l’ai dit, parfois notre existence se montre bien ironique.


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Crown of the lost - Piano Magic

Commentaires

Une île où deux font naufrage n'est plus jamais tout à fait une île déserte...

Ecrit par : . | 18.10.2007

La ressemblance ici semblerait musicale...

Ecrit par : - | 18.10.2007

En mail c'est possible ?
Un peu en boucle ce matin. Merci

Ecrit par : cile | 18.10.2007

Problèmes d'anima ? En tous cas j'aime ce texte pour ce qu'il dit et surtout ne dit pas et aussi la qualité de l'écriture. Bises.

Ecrit par : ariaga | 18.10.2007

la Vie a un sens de l'humour plus développé que le notre ?
Les miroirs qu'elle nous tend, histoire de vérifier ..
les illusions ne sont jamais loin .. les désabusions non plus.

Ecrit par : cile | 18.10.2007

J'aime beaucoup le morceau musical (encore un groupe inconnu pour moi).

Malgré le sujet douloureux tu as écrit un bien beau texte.
Ironie de la vie ou goûts convergeants ?

Ecrit par : Pharamond | 18.10.2007

c'est un réel fardeau que de n'être chargée que d'utile...et d'oublier que l'essentiel est inutile.

Ecrit par : gmc | 18.10.2007

./Très juste. Joli aussi.

-/Oui ça vous plait ?

Cile/C'est possible. :)

Ariaga/Je suis pivoine chère Ariaga...

Pharamond/C'est possible aussi :)

Oui goûts convergeants surement mais il y a de drôles de hasards tout de même.

gmc/C'est une leçon que vous donnez ? Dans ce cas rendez-là explicite et développez.

Ecrit par : Ezrah | 18.10.2007

Merci beaucoup. :)

Ecrit par : cile | 18.10.2007

C'est surtout le texte, parce que de mémoire, la musique féminine ne lui correspond pas vraiment tout à fait directement, mais l'écriture est magique du début jusqu'à la fin, justement. Un peu comme... dans la scène finale où Mowgli finit par attacher le bâton de feu à la queue de Sheer Kahn. J'adore.

Ecrit par : - | 18.10.2007

Cile/You're welcome ! :)

-/:))) vous êtes vraiment unique dans votre genre. Bises.

Ecrit par : Ezrah | 18.10.2007

Par rapport à ce naufrage conjoint, il y aurait deux choses à dire, de mon point de vue renardesque :

- La première serait : qui se ressemble, s'assemble. Pas toujours, mais parfois. Si ton ami et toi avez une certaine "énergie" proche, il semble quelque part logique que vous ayiez été attiré, consciemment ou non, par le même type de personne. Même -et surtout- des archétypes destructeurs.


- La seconde serait : une certaine expérience m'a montré que la vie agit souvent de manière similaire sur des couplitudes humaines. ( par couplitudes, j'entend deux personnes très liées entre elles, pas toujours forcément un couple au sens auquel on l'entend habituellement). Les Parques sont farceuses et un peu salopes sur les bords, quoique chacune des Trois ait son propre style de cadeau empoisonné.

Se perdre, et voir ensuite se perdre autrui, souffrir deux fois, parce qu'après sa propre expérience, on est à même de prévoir certains résultats, mais l'autre en est incapable. On souffre alors de savoir ce qu'il va se passer, par anticipation, et aux souvenirs de notre nuit noire de l'âme.

Ecrit par : Aranna | 18.10.2007

seuls les élèves imaginent qu'il existe des leçons.

Ecrit par : gmc | 19.10.2007

Mon genre est celui que vous omettez... Wyden.

Bon week-end à vous, un peu de repos pris sur la vie. Je crois qu'il est tant de réalités à couper, qu'un peu de souffle ne se refuse pas.

Bien à vous,

Marie Gabrielle

Ecrit par : - | 19.10.2007

Aranna/C'est tout à fait ça. Merci Aranna. J'aime ton topo sur les Parques. ;)

gmc/Mais mon cher, élève je compte bien le rester toute ma vie. A moins que je ne finisse, qui sait ? par atteindre cette sagesse qui vous donne le droit sans ridicule aucun d’adopter ce ton et ce style dignes des grands maîtres, et d’intervenir d’une plume salvatrice sur ces pauvres pages bien indignes de votre attention.

Marie Gabi/Bises.

Ecrit par : Ezrah | 19.10.2007

le ton et le style d'une phrase ne sont attribués que par la lecture (ou l'audition) de celle-ci et ne sont donc que représentatifs du regard qui les interprète, très chère.

Ecrit par : gmc | 22.10.2007

Je laisse à chacun le soin d'apprécier.

Ecrit par : Ezrah | 22.10.2007

La forme est le reflet du fond ?

Ecrit par : cile | 22.10.2007

"La forme est le reflet du fond ?" ... oui... chez les dandys. Sinon, la surface, vous savez, finit par cacher bien des choses...

Deux naufrages... un Visage... c'est le serpent se mordant indéfiniment la queue et roulant sur nos âmes, comme une malédiction toujours recommencée... Votre petite histoire me rappelle bien des choses. À croire que les névroses qui nous font la vie dure et lourde nous contaminent en la fratrie comme la grippe.

Gmc, pourquoi ce talent de plume qui est le vôtre, s'assombrit-il de relents de suffisance indignes de votre Verbe ? Ne savez-vous pas que le maître se présente quand le disciple est prêt ?

"La ressemblance ici semblerait musicale"... oui... elle l'est parce qu'Ezrah a l'oreille vive...

Bien à Vous tous...

@)>-->--->---

Ecrit par : Nebo | 22.10.2007

Cile/Je te renvoie au commentaire de Nebo.

Nebo/Oui, une malédiction, Nebo, c'est tout à fait ça. Il m'avait bien semblé aussi que vous étiez passé par quelque chose d'approchant. En tout fraternité alors.

(l'orientation de certaines de vos interventions me fait voir chez vous, en plus du reste, des qualités de coeur qui ne sont pas pour me surprendre - il doit faire bon être votre ami). Bien à vous.

Ecrit par : Ezrah | 22.10.2007

nebo,
les miroirs ont toujours la saveur de leurs environnements

Ecrit par : gmc | 23.10.2007

Oui, Nebo, vous avez eu raison, le miroir est un fruit de notre travail d'écoute...

Je m'étais prise à effacer les nombreux miroirs présents à mon texte en début - actuellement distribué en jachère sur mon blog (Le peuple des capitaux)... sans aucun pourquoi.

Je devine aujourd'hui la raison capillaire de l'acte au contact du net fourmillant de ces écrits, avec les nombreux fonds qui s'en dégagent, encore à ses nombreux miroirs d'une aube... l'ouïe ? pas plutôt la conscience ?

Ecrit par : Marie Gabrielle | 23.10.2007

Ezrah, je tombe sur ton témoignage qui me rappelle aussi certaine histoire personnelle.
Remarquer une analogie d'attraction récurrente, non pas sur soi, mais sur un proche de soi, me semble à la fois très troublant et propice à des moments de réflexion et d'émotions "boomerang". On n'est pas directement impliqué, mais la résonance est perçue, comme lorsqu'un instrument de musique fait vibrer d'autres instruments voisins et accordés.
J'apprécie aussi le com d'Aranna, et suis intrigué à l'idée de distinguer les effets spécifiques de chacune des Parques...

Ecrit par : Arianil | 23.10.2007

Mille mercis pour les envois.

Ecrit par : Pharamond | 23.10.2007

Arianil/Qui sait ? peut-être Aranna te répondra-t-elle Arianil. Oui, ce sont des histoires humaines, des scénarios de vie que nous nous partageons.

Pharamond/De rien. ;)

Ecrit par : Ezrah | 25.10.2007

Je me secoue enfin les puces, honte à moi, et je vais tenter de te répondre Arianil.


- la Jeune m'évoque plutôt le futur, les jeunes pousses du printemps et l'aube du matin, mais comme toutes les pousses, c'est couvert d'épines, de ronces, et l'aube est pleine d'animaux qui rentre repus du carnage de la nuit, du sang sur les babines. C'est une promesse, mais à une promesse ambigue, qui peut "être ou ne pas être" pour paraphaser l'autre.

- La mère : elle ce sont plutôt les espoirs en suspension. Ca traine ou ca roule, suivant la longueur du fil et les attentes de Madame. Elle donne pour que les autres reprennent, une espèce de jeu sadique quoi. Je la consoit comme fortement attachée à tout ce qui est terrestre et matériel alors que la jeune est plutôt lié au possibilités et la vieille au savoir. Un peu langue de pute aussi la dame.

La Vieille : c'est curieusement le personnage le plus sympatique des trois, selon moi, et la moins garce. Elle est l'inflexible, l'Inexorable. Elle le sait, et elle n'a rien à prouver (contrairement à la jeune dont j'aurai tendance à charier en disant qu'elle souffre d'un complexe d'infériorité ou du complexe du petit nouveau qui veut faire ses preuves). Quand elle vient on s'en prend plein la poire, mais en règle générale, ca n'est pas sans raisons.

Voilà ^^ en espérant avoir répondu à ta question, et en m'excusant pour le délail de réponse :)

Ecrit par : Aranna | 30.10.2007

j'aime ce texte..

Ecrit par : Lau | 30.10.2007

Merci Aranna ! Très "vivante" évocation de ces tisseuses fatales. La plus âgée peut offrir sans doute la peine la plus prévisible, mais "le pire n'est jamais décevant". Le désespéré est libre de tout chemin : une forme de liberté offerte par la troisième Parque ?

Ecrit par : Arianil | 30.10.2007

Lau/Merci miss. :)

Ecrit par : Ezrah | 31.10.2007

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