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30.06.2007

Absent

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Orphée - Gustave Moreau


podcast

Pyramid song - Radiohead

 

Quelqu’un qui me connaît bien me dit, un jour, que cette chanson me ressemblait, mais fut incapable de m’expliquer pourquoi.

Je vous dis à bientôt mes amis car je m’en vais pour trois semaines. Vous me manquerez, bien-sûr. Amitiés à tous.

...

L’Apocalypse. Ultime révolution ?

29.06.2007

Perdre un peu

Peu après la rencontre, sentiment de l’arrachement.

Rencontrer c’est aussi perdre un peu, davantage, chacun le sait.

Au moment du contact, l’alchimie qui opère de manière inespérée, spontanée, presque miraculeuse, laisse présager le spleen léger de la connexion momentanément perdue.

Caractère inévitable du tendre tourment du silence quand s’annule, l’espace d’un instant pourtant, la présence nouvelle.

Sa voix, ses voix.

Eternité pressentie, redoutée d’un manque, d’un creux à l’âme.

Entité nouvellement émergée qui nécessairement pour un temps se scinde.

Douleur diffuse de l’attente.

Ce fut beau. Cela le sera encore.

Bientôt. Patience… ennoblissement du manque.

28.06.2007

Histoire de 6...

Une pensée affectueuse pour quelqu'un...

25.06.2007

La nuit

La nuit je l’ai vécue minute après minute dans une durée qui n’en finissait pas de durer. Car la nuit existe lorsqu’on ne dort pas. Je me lève bientôt… je me lève bientôt… A devenir fou.

Et levé, de penser « je vais me recoucher », « je vais me recoucher »…Bientôt. Ce soir. Tard.

 

Garder les yeux ouverts à défaut d’y voir quelque chose.

The night - Morphine


podcast
Maintenant...

21.06.2007

La fête

La défaite de la musique. Un clou de plus dans le cercueil, une fois par an.

Mon frère aux antipodes

Peut-on se figurer la chose ?

 

Entre nous une sorte d’accord non intellectuel - je dirais une approbation réciproque - qui se fait sentir très naturellement. Tant que nous ne parlons d’aucun sujet défini. Sitôt qu’une discussion s’engage, surgissent les dissensions. S’en est fini de l’entente tacite.

 

Mais qu’est-ce donc que ce respect et cette sympathie instinctifs qui s’éclipsent sitôt que pointe le nez fouineur du social. Sympathie enterrée sous les souches épaisses de l’inessentiel. J’avais une fois évoquée ce problème… Ce sont les mauvais tours du Monde qui disjoignent les âmes. Je me plais à le penser. Et de penser alors (aussi) que certains sont si enterrés, si étouffés que plus rien ne perce.

 

Il est facile de haïr. Le Prince de la discorde se frotte les mains de contentement : « ils ne perçoivent plus rien. Se débattent dans la pénombre atroce les yeux arrosés de mes flashs, et croient de la sorte y voir clair… pauvres hères que je chéris en leur plongeant la tête au plus profond de la vase. Assurément je sais y faire.»

 

Mais le geste est possible. Le signal, je le donne entre les lignes, en des gestes simples. Prouve la filiation avec de petits riens. Je crois bien qu’il y voit encore un peu lui aussi.

20.06.2007

Man Erg - Van der graaf generator


podcast

19.06.2007

Idolâtrie et fanatisme

« La plénitude de la révélation chrétienne quant au Dieu-Humanité, quant à l’amour et à la liberté, n’est que difficilement accueillie. Le fanatique n’en comprend pas le mystère, et la liberté constitue pour lui une limite infranchissable. Si fier qu’il soit de sa foi religieuse, il est celui qui a le moins de la perfection du Père Céleste ; car Dieu tolère le mal et les méchants, et fonde son dessein du monde et de l’homme sur la liberté, sans laquelle nul bien, nulle vertu, nulle foi et nulle piété ne l’intéressent. On n’est pas suffisamment attentif à l’égard de la tolérance que Dieu manifeste vis-à-vis du mal et des méchants, alors qu’en réalité elle a une valeur ontologique. La tolérance n’est pas une indifférence à l’égard du bien et du mal, elle est l’amour de la liberté et l’amour de l’humanité, elle témoigne d’une sollicitude à l’égard des âmes humaines, de leur voie vitale toujours complexe et torturante. Le fanatique est un homme incapable d’accueillir plus d’une pensée à la fois, qui regarde droit devant lui, sans apercevoir à droite et à gauche toute la complexité et la diversité du monde divin. Dévoué d’une manière illimitée à l’idée qu’il se fait de Dieu, il perd, pour ainsi dire, la capacité de contempler le Dieu vivant. […] L’aspiration à la plénitude de la vie est un impératif éthique, qui n’est jamais pratiqué par le fanatique. Le maximalisme éthique est un mensonge, du fait qu’il est fondé sur l’obsession d’une idée quelconque, au détriment de la plénitude de la vie. Le principe paradoxal de l’éthique pourrait se formuler de la manière suivante : - dans ton aspiration à la perfection, ne vise pas à ce que le principe moral prédomine par lui-même, aspire à la plénitude parfaite. Le fanatique peut manifester une activité illimitée, mais il est l’ennemi de la vie, qu’il ne voit pas et qu’il mutile. L’ascèse comporte une part de vérité, dont la vie morale ne saurait se passer, mais le fanatisme qui en relève correspond à une haine de la vie et à une hostilité envers les êtres vivants. Et on pourrait en dire autant du fanatisme religieux. Toutes les idées, en somme, dégénèrent en une source d’obsession fanatique. Et lorsque cette dégénération s’est produite, le Dieu vivant, la perfection, la justice, la liberté, la science, l’amour vivant disparaissent, car tout ce qui est vivant n’existe que dans la plénitude, dans corrélations harmonieuses de tout et des parties, et toute valeur érigée en idole devient mensonge. »

De la destination de l’homme – N. Berdiaev

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