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30.05.2007

Quelque chose d'infime

Le type me déplait souverainement. Extérieurement pourtant, rien à lui reprocher. Visiblement sympathique - plaisantant, décontracté, ouvert. Pas vulgaire a priori… Rien.

Et puis je l’entends. « Moi, j’adore voyager. Les pays comme l’Inde imprégnés d’une telle spiritualité, c’est génial. Incontournable ! ».

Fausse alerte.

« Et puis les filles là-bas, classes ! Magnifiques avec leurs longs cheveux… A chaque fois que j’y vais il faut que je m’en tape une ou deux ! ».

Nous y sommes.

Hyper réactif

Journée pénible. Fatigue, fatigue… Les sens en alerte, sur-aiguisés. Hypersensible – à fleur de peau – épidermique. Mais comment se fait-il qu’un tel déficit de vitalité entraîne pareille réceptivité et réactivité ? L’ultra-lucide (non ésotériquement parlant, s’entend) est-il un être perpétuellement fatigué ?

Démence collective

« La démence, chez l’individu, est quelque chose de rare, - chez les groupes, les partis, les peuples, les époques, c’est la règle. »

Par delà le bien et le mal - Nietzsche

29.05.2007

Tuer l'adepte

C’est un être incertain. Je le sens en ce moment même assoupi. L’impulsion ne saurait-elle trouver naissance en dehors de lui ?

Je suis un être incertain. Fièvre soudaine. Agissant non maître.

Me faut-il tuer l’adepte en moi ?

Il m’a dit l’autre jour que rien ne saurait voir le jour, lui éclipsé.

Il m’a dit aussi que je me trimballais brinqueballant parfois, et que cela lui procurait tantôt une certaine hilarité, tantôt une certaine tristesse.

Il m’a dit encore qu’il se riait bien de mon mépris à son égard, car lui savait où mène l’ « amputation ». « Tu serais difforme et ridicule ! » m’a-t-il lancé avec un clin d’œil.

« Moi aussi j’ai besoin de toi ».

28.05.2007

Conséquence

A force de constamment se fuir, il n’est pas exclu qu’on finisse seul avec soi-même.

Qu'est-ce à dire d'"E. W." ?

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« Ezrah Wyden » serait un nom tiré de l’univers lovecraftien (issu de L’Affaire Charles Dexter Ward, pour être précis). L’orthographe de ce nom aurait subi quelques légères modifications propres à satisfaire la fantaisie de certain(s), et aurait (semble-t-il) été choisi pour la référence littéraire subtile qu’il constitue, de même que pour ses sonorités aussi bizarres qu’agréables. Du moins c’est ce qu’on raconte dans les chaumières…

27.05.2007

Tool


podcast
10.000 Days - Tool

Il y a là quelque chose comme l’expression de forces souterraines et primordiales. Quelque chose de spirituel et viscéral tout ensemble. Une force naturelle et cachée qui émerge peu à peu. Et ça me transporte…

26.05.2007

Cela est

« Je fus frappé par le fait que la spiritualité indienne recevait autant du mal que du bien. Le chrétien aspire au bien et succombe au mal ; l’Indien, au contraire, se sent en dehors du bien et du mal ou cherche à atteindre cet état par la méditation ou le yoga. C’est ici cependant que surgit mon objection : dans une telle attitude, ni le bien, ni le mal n’ont de contours qui leur soient propres et cela entraine une certaine inertie. Nul ne croit vraiment au mal, nul ne croit vraiment au bien. Bien ou mal signifient tout au plus ce qui mon bien ou mon mal, ce qui m’apparaît comme bien ou comme mal. On pourrait dire paradoxalement que la spiritualité indienne est dépourvue à la fois du mal et du bien, ou encore qu’elle est à tel point accablée par les contraires, qu’il lui faut à tout prix le nirdvandva, c’est-à-dire la libération des contrastes et des dix mille choses.

Le but que poursuit l’Indien n’est pas d’atteindre la perfection morale, mais d’atteindre par la méditation l’état sans images, l’état de vide. Moi, au contraire, je vise à me maintenir dans la contemplation vivante de la nature et des images psychiques. Je ne veux être débarrassé ni des hommes, ni de moi-même, ni de la nature, car tout cela représente à mes yeux une merveille indescriptible. La nature, l’âme et la vie m’apparaissent comme un épanouissement du divin. Que pourrais-je désirer de plus ? Pour moi, le sens suprême de l’être ne peut consister que dans le fait que cela est et non point dans le fait que cela n’est pas ou que cela n’est plus.

Pour moi, il n’est pas de libération à tout prix. Je ne saurais être débarrassé de quoi que ce soit que je ne possède, que je n’aie ni fait, ni vécu. Une réelle libération n’est possible que si j’ai fait ce que je pouvais faire, si je m’y suis totalement adonné ou y ai pris totalement part. Si je m’arrache à cette participation, j’ampute, en quelque sorte, la partie de mon âme qui y correspond. Certes, il peut arriver que cette participation me paraisse trop pénible et que j’aie de bonnes raisons pour ne pas m’y adonner entièrement. Mais alors, je me vois contraint de confesser un non possumus – nous ne pouvons pas -, de reconnaître que j’ai peut-être omis quelque chose d’essentiel et n’ai pas accompli une tâche. La conscience aiguë de mon incapacité compense l’absence de l’acte positif.

Un homme qui n’a pas traversé l’enfer de ses passions ne les a pas non plus surmontées. Elles habitent alors dans la maison voisine et, sans qu’il y prenne garde, une flamme en peut sortir qui atteindra ainsi sa propre maison. Si nous abandonnons, laissons de côté et, en quelque sorte, oublions à l’excès, nous courrons le danger de voir reparaître avec une violence redoublée tout ce qui a été laissé de côté ou abandonné. »

« Ma vie » - C. G. Jung

24.05.2007

Open

L’endroit est désert. Et me voilà comme projeté ici, seul.

Je suis né, il faut le dire d’une sorte de meurtre. Une autre place est aujourd’hui désertée. Mon démiurge ne sait encore que faire de moi. Je suis un point de départ. Seulement cela pour l’instant. C’est humiliant, en fait, et je me sens fragile et nu.

Certes, je suis encore informe mais j’incarne aussi une sorte de liberté. Car je suis vierge et aucune histoire ne m’accompagne. Matière à modeler, en somme, ou tabula rasa. C’est aussi ma force.

Il me faut tenter d’exister.

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