14.01.2008

Mire

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Videotape

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 podcast
Videotape - Radiohead

30.12.2007

Le Conseil (rêve)

Nous nous tenons autour d’une grande table noire et ovale située au centre d’une grande salle entièrement blanche et vide. Une atmosphère lourde de menace pèse sur notre assemblée. Je sais que l’avenir du monde se joue toujours ici, parmi nous. Mais sommes-nous de simples observateurs ou jouons-nous un rôle actif dans cette histoire ? Je ne saurais dire. D’aspect extérieur, nous sommes tous semblables. Ceux que je distingue autour de moi ont le visage creusé et l’expression figée des masques. Le teint livide. Entièrement revêtus de sortes de combinaisons noires et brillantes d’un matériau qu’on pourrait confondre avec du métal, sortes d’armures articulées ou de carapaces luisantes. Leurs têtes même sont recouvertes de cette matière formant sur le haut des sortes de piques géométriques. Personne ne parle et nous semblons attendre quelque chose.

C’est alors qu’un serpent apparaît et traverse très rapidement la pièce en tout sens. Sur certains visages se dessinent alors l’effroi. Une catastrophe s’annonce, cette manifestation en est pour nous le signe indubitable.

28.12.2007

Malgré la pénombre

Je sais désormais que j’avance dans les ténèbres mais que tu veilles sur moi.

J’ai bien voulu être attentif et considérer les signes.

J’ai voulu enfin me rendre perméable à ton souffle.

J’ai bien voulu écouter ce que tu avais à me dire durant cette nuit où dans mon demi-sommeil interminable tu es venu répondre à mes lancinantes interrogations. Et tu sais aujourd’hui que je ne suis pas parvenu à suivre tes recommandations. Mais tu te doutais bien que j’aurai du mal. Ton chemin est le difficile qui soit. Et tu connais toutes mes faiblesses, tu sais aussi que derrière certaines se cachent l’esprit que tu chéris et qui t’honore. Et tu sais comme nul autre pardonner. Tu sais bien que j’aime, et comment.

Mes incantations pseudo poétiques n’ont servi à rien. Il y eut les circonstances. Il y eut trop de choses concordantes et je me suis fait jouet de la débâcle. La vérité a frappé. Celle à qui nous ne pouvons que difficilement échapper. Puisse-t-elle ne pas trop meurtrir… et épargner.

Echo - La colline aux croix

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(Photo : Aranna)

podcast
Funeral - Test Dept

27.12.2007

A quai

 

Avide de rêves, il me fallut briser le tien à coup de certitudes. Cela ne peut arriver. Cela n’arrivera pas. Et moi qui n’en pense pas un mot j’assène les vérités qui font mouche. Honnêtement brutal, brutalement honnête, tel je m’affiche. Je ne prends pourtant pas la réalité pour mes désirs. Jeux de mots…

Alors j’ai décortiqué la splendeur, je l’ai comme disséquée.

Parierai-je sur la folie et mettrai-je à mort la quotidienneté pour lui substituer un domaine vacillant et contrasté où tu trônerais comme une reine.

Je n’ai d’yeux que pour la femme du marin, celle qui attend, et attend et attend encore. Celle qui ne quitte l’horizon des yeux que pour s'en ressouvenir.

 

19.12.2007

Pétrification

Si la vie se réduit à une opération arithmétique, peu m’importe de disparaître.

Allez, avance dans le dédale et proscrit la transe.

Joue à la lucidité.

C’est ce truc qui donne des frissons comme au cinéma, je crois.

Grisante lucidité qui donne l’impression de rentrer dans le secret des dieux.

Et sage, planer au dessus de la mêlée.

Rien n’est rien. Tout se calcule et les opérations le trainent jusqu’à l’incontournable conclusion.

 

 

Lui et son rêve :

Mais il n’y a rien l’ami en dehors d’ici! Tu n’es qu’une particule au milieu d’autres particules qui s’entrechoquent – et le sens n’est nulle part. Et l’essence n’est qu’un mot. La métaphysique n’est qu’un jeu pour les enfants de l’humanité, ceux qui n’ont pas encore saisi. Et baigner dans le calme – le calme de celui qui saitnous ne sommes responsables de rien, dit-il. Nous ne décidons rien, répète-t-il. A dieu le mal ! A dieu la faute ! Moi, je sais. Mon intellect englobe le monde et ses secrets, et peut tout. Ma raison c’est Dieu, tu ne le sais pas- je l’ignore pour ma part tout à fait Je gesticule, je pérore, je calcule et j’accumule sophisme sur sophisme pour me sentir le roi. Point d’ego ! Mon ego souverain me l’a dit. Je suis aux prises du sortilège qui me fait croire que j’échappe à tout sortilège. Dé-niai-sé, je le suis. Et ma sérénité n’a pas d’égale, c’est la seule chose qui m’importe – être une pierre qui sait – et qui fossilise le vivant et stoppe le souffle. Ma sérénité est une escroquerie qui prospère. (Qui refuserait pareille Paix ?) Adieu élan, adieu souffrance, adieu la vie…

15.12.2007

Feu

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Intérieurement remué.

 

Fascination pour ce qui ne se présente pas mais se ressent et se comprend simultanément.

 

Arraché à l’instinct.

 

Rebelle au Monde et à l’espèce.

 

Ennemi du genre humain quand il rampe et se réjouit de sa misère et voudrait nous l’imposer.

 

Anomalie, c’est ainsi qu’on nous appelait et nous appelle encore pour nous pétrifier et nous faire nous taire et tenir tranquilles.

13.12.2007

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"Au fond, j’ai toujours cru que le christianisme avait été dénaturé au profit des mauvais instincts humains, afin de justifier les déviations intervenues dans l’accomplissement des commandements du Christ, le refus d’une révolution chrétienne, d’un bouleversement chrétien de toutes les valeurs. Non seulement le christianisme ne s’est pas réalisé sur cette terre, ce qu’on peut toujours expliquer par la tendance au péché de la nature humaine, mais encore il a été déformé jusque dans sa doctrine, jusque dans les racines de la dogmatique. Les « premiers » ont réussi à justifier leur situation en se servant des fondements de la doctrine chrétienne. L’invraisemblable inconscience des chrétiens est sans exemple dans l’Histoire. J’ai toujours conçu le christianisme comme la compassion, la pitié, le pardon, l’humanité. Et l’on a réussi à tirer du christianisme les conséquences les plus inhumaines, capables d’exciter les instincts les plus sadiques de l’homme. Je retourne au thème de l’ascension. L’un des chemins de l’ascension mène au point où l’être humain devient un « premier ». C’est ici qu’apparaît le paradoxe impossible à saisir du christianisme. Les « premiers », c'est-à-dire ceux qui ont atteint les sommets spirituels (je ne veux pas parler ici du cas élémentaire des « premiers » de l’aristocratie, de la richesse, du pouvoir...) deviennent les « derniers », il faut descendre, c’est là ce qu’exige l’amour agissant du prochain, l’amour des derniers selon la position qu’ils occupent. C’est pourquoi le christianisme est fondé sur la réunion du mouvement ascendant et du mouvement descendant, sur la liberté et sur la pitié, sur l’amour de la valeur et de la qualité et sur l’amour du prochain, sur l’amour des sommets divins et sur l’amour des « bas-fonds » douloureux.

Au cours de la défense de leurs avantages et de leurs désirs, les hommes se sont particulièrement signaler à déguiser et à « sublimer » leurs instincts originels de vengeance en sentiments chrétiens."

Essai d'autobiographie spirituelle - N. Berdiaev

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Maurice Denis